03 Apr, 2020
vendredi, 16 mai 2014 18:03

La CIDH exprime sa profonde préoccupation concernant les décès et les disparitions des migrants dans les naufrages sur la mer des Caraïbes Spécial

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Dans une note rendue publique le 15 mai 2014, la Commission Interaméricaine des Droits Humains (CIDH) a manifesté ses vives préoccupations faces aux différents incidents malheureux qui ont déjà coûté la vie à de nombreux migrants/migrantes haïtiens, cubains, dominicains et à d’autres ressortissants-es de pays de la Caraïbe du début de l’année 2013 au mois de mai 2014. Elle en a profité pour demander à tous les États qui effectuent les recherches de  sauvetage et d’interception des migrants en mer,  d’établir des mesures appropriées pour identifier les personnes qui peuvent être des réfugiés ou par leur condition de vulnérabilité, lesquelles ont besoin d'une protection spéciale. ‘’Le principe de non-refoulement a un caractère absolu dans le Droit international relatif aux droits de l'homme, lequel exige que soit garanti à tout moment et en tous lieux indépendamment de la situation migratoire des gens ou de l’applicabilité ou non d'un autre régime de protection’’, rappelle la CIDH aux Etats.   

 

 

Ci-joint l’intégralité du communiqué :

La Commission Interaméricaine des Droits de l'Homme (CIDH) s’inquiète profondément de l'augmentation des incidents maritimes d’embarcations transportant des migrants dans la mer des Caraïbes, l'an dernier. Ces incidents tragiques ont provoqué de nombreux décès et de disparitions de migrants. Les victimes, des hommes, des femmes et des enfants, sont pour la plupart de provenance d’Haïti, de Cuba, de la République Dominicaine et d’autres pays de la  Caraïbe et de l'Amérique du Sud.

Le plus récent de ces incidents tragiques est survenu le 1er mai 2014 quand une embarcation qui transportait 18 migrants haïtiens à destination de  Porto Rico avait fait naufrage au large de la côte de Boca Chica, en République Dominicaine. 6 de ces migrants ont été tués et les 12 autres ont été secourus par l’Armée de la République Dominicaine. Selon des informations de notoriété publique, les deux présumés trafiquants ont été arrêtés et inculpés de trafic de personnes et d’homicide involontaire.

La CIDH veut souligner les efforts consentis par l’Armée de la République Dominicaine au cours des opérations de recherche et de sauvetage, ainsi que l’assistance qui a été fournie aux migrants concernés par ce naufrage.

Ce naufrage porte à plus d'une vingtaine le nombre d'incidents maritimes enregistrés jusqu'en 2014 en divers endroits de la mer des Caraïbes, impliquant environ 320 personnes. 19 d'entre elles ont été tuées et 12 autres sont portées disparues. Selon les informations recueillies par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR),  de 2010 à ce jour, on a enregistré 440 incidents maritimes de bateaux transportant des migrants sur la mer des Caraïbes. Ce qui aurait impliqué 15,190 personnes environ ;  240 d'entre elles sont mortes et 176 autres portées disparues.

Le Commissaire Felipe González, Rapporteur des Droits des migrants de la CIDH, a déclaré que "malheureusement, cette tragédie s’ajoute à d’autres centaines de morts et de disparus enregistrés dans nos frontières et le long des voies de migration, dans les déserts, les régions montagneuses, ainsi que dans les rivières et dans la mer. Entre 2013 et 2014, les naufrages de bateaux de migrants dans la mer des Caraïbes ont coûté la vie à environ 94 migrants et 45 autres sont portés disparus. Ces décès et disparitions soulignent le niveau de désespoir auxquels sont confrontés tous les jours beaucoup de gens qui sont obligés de migrer en raison de l'insécurité et du manque de jouissance des droits économiques, sociaux et culturels. Ces personnes qui, appartiennent à des groupes en situation de grande vulnérabilité, migrent en dépit des dangers extrêmes que représente la migration irrégulière".

Le commissaire González a également déclaré que «le  durcissement des politiques migratoires augmentera malheureusement le nombre de  morts et de disparus jusqu'à ce que les États adoptent des mesures globales au niveau régional pour aborder  les facteurs d’expulsion et d'attraction de la migration, qui garantissent des canaux réguliers et sûrs afin que les gens puissent circuler sans être soumis à diverses formes de discrimination, et la  protection internationale des personnes fuyant les différentes formes de persécution et de violence  sera garantie.»

Devant le flux migratoire mixte qui est évident dans la région, et  en vue de répondre adéquatement au nombre croissant de personnes qui fuient leur pays d'origine par la mer suite à de diverses formes de violence, ou à la recherche de meilleures conditions de vie, la CIDH demande à tous les États qui effectuent la recherche de  sauvetage et d’interception des migrants en mer, d’établir des mesures appropriées pour identifier les personnes qui peuvent être des réfugiés ou par leur condition de vulnérabilité, lesquelles ont besoin d'une protection spéciale. Tel serait le cas des enfants migrants. La Commission rappelle également aux Etats que le principe de non-refoulement a un caractère absolu dans le droit international relatif aux droits de l'homme, lequel exige que soit garanti à tout moment et en tous lieux indépendamment de la situation migratoire des gens ou de l’applicabilité ou non d'un autre régime de protection.

La Commission exhorte également les États à établir au niveau  national et régional des mécanismes qui permettent d'identifier rapidement les premiers immigrants à bord de ces embarcations, y compris l'identification des cadavres de ceux et celles qui sont morts ou  portés disparus, d'informer aussi les parents sur leur état.

La CIDH  est l’un des organes principaux de l’Organisation des États américains (OEA) et agit de manière indépendante. Son mandat est fondé sur la Charte de l’OEA et la Convention américaine relative aux droits de l’homme. La Commission a le mandat de promouvoir le respect des droits humains dans les Amériques et agit comme organe consultatif auprès de l’OEA en la matière. La Commission est composée de sept membres indépendants élus par l’Assemblée générale de l’OEA, à titre personnel et non en représentation de leur pays d’origine ou de résidence.

 

Traduit par le GARR

 

 

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Dernière modification le vendredi, 16 mai 2014 18:36

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